Le Luxembourg et la construction européenne : de la CECA à l’euro
Pourquoi un petit pays est devenu un pilier de l’Europe : la CECA, les traités de Rome, Schengen, Maastricht et Lisbonne, l’euro et les institutions installées à Luxembourg.
Sommaire
- Pourquoi le Luxembourg s’est engagé si tôt#
- 1951 — La CECA, première pierre#
- 1957 — Les traités de Rome#
- 1985 — Les accords de Schengen#
- 1992 — Le traité de Maastricht#
- 1997 et 2007 — Amsterdam et Lisbonne#
- 1999-2002 — L’euro#
- Les institutions européennes à Luxembourg#
- Les institutions de l’Union en bref#
- L’UE et le Conseil de l’Europe : la distinction décisive#
- Fiche de révision#
Un quart des questions d’examen porte sur l’histoire et l’intégration européenne, et cette dernière partie est particulièrement rentable : les faits sont peu nombreux, très datés, et le Luxembourg y joue un rôle central qui donne du sens à l’ensemble.
Pourquoi le Luxembourg s’est engagé si tôt
Deux occupations en trente ans, malgré une neutralité inscrite dans le traité de Londres de 1867, ont apporté une démonstration brutale : pour un petit État, l’isolement n’est pas une protection.
Après 1945, le pays abandonne donc la neutralité et rejoint tout ce qui existe en matière de coopération :
- Benelux — union douanière puis économique avec la Belgique et les Pays-Bas, préparée dès l’exil ;
- Organisation des Nations unies, 1945 ;
- OTAN, 1949 ;
- Conseil de l’Europe, 1949 ;
- Plan Marshall — aide américaine à la reconstruction.
Voir : Le Luxembourg pendant les deux guerres mondiales.
1951 — La CECA, première pierre
Le traité de Paris de 1951 crée la Communauté européenne du charbon et de l’acier, qui réunit six États : la France, l’Allemagne de l’Ouest, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg.
L’idée fondatrice est aussi simple qu’efficace : placer sous une autorité commune les deux ressources indispensables à l’industrie de guerre — le charbon et l’acier — de façon à rendre un nouveau conflit entre ces pays matériellement impossible.
Pour le Luxembourg, dont l’économie reposait alors largement sur la sidérurgie, l’enjeu était direct. Le pays accueille la Haute Autorité de la CECA, sa première institution exécutive. C’est de là que vient la présence européenne durable dans la capitale.
Question type : « Quelle organisation, ancêtre de l’Union européenne, réunit six États autour du charbon et de l’acier ? » — Réponse : la CECA. Les réponses alternatives proposées sont souvent l’OTAN ou le Conseil de l’Europe, qui n’ont rien à voir.
1957 — Les traités de Rome
Les traités de Rome étendent la logique de la CECA à l’ensemble de l’économie :
- la Communauté économique européenne (CEE), avec un marché commun ;
- la Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom).
Les mêmes six États en sont signataires. C’est le passage d’une intégration sectorielle à une intégration économique générale.
1985 — Les accords de Schengen
Le 14 juin 1985, cinq États signent à Schengen, un village viticole luxembourgeois situé à la frontière avec la France et l’Allemagne, un accord prévoyant la suppression progressive des contrôles aux frontières intérieures.
Le choix du lieu est symbolique : un point de rencontre de trois pays, sur la Moselle. Ces accords ont donné leur nom à l’espace de libre circulation qui s’étend aujourd’hui à une grande partie du continent.
À retenir : les accords de Schengen ont été signés au Luxembourg. C’est un fait national fréquemment testé.
1992 — Le traité de Maastricht
Le traité de Maastricht crée l’Union européenne proprement dite. Trois apports majeurs figurent au programme :
- la citoyenneté européenne, qui s’ajoute à la nationalité d’un État membre sans la remplacer ;
- l’engagement vers une monnaie unique ;
- l’élargissement de la coopération à de nouveaux domaines, au-delà de l’économie.
La citoyenneté européenne a des effets concrets : liberté de circulation et de séjour, droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales et européennes dans l’État de résidence, protection diplomatique.
1997 et 2007 — Amsterdam et Lisbonne
Le traité d’Amsterdam (1997) renforce les droits fondamentaux et la coopération en matière de justice et d’affaires intérieures.
Le traité de Lisbonne (2007, en vigueur en 2009) réforme le fonctionnement institutionnel de l’Union et donne à la Charte des droits fondamentaux la même valeur juridique que les traités.
1999-2002 — L’euro
L’euro est introduit comme monnaie scripturale en 1999, puis les pièces et billets entrent en circulation en 2002. Le franc luxembourgeois disparaît.
Pour le Luxembourg, longtemps lié au franc belge par l’UEBL, l’euro consacre une intégration monétaire déjà ancienne dans les faits.
Les institutions européennes à Luxembourg
La ville de Luxembourg est l’un des trois pôles institutionnels de l’Union, avec Bruxelles et Strasbourg. Y sont notamment installés :
- la Cour de justice de l’Union européenne ;
- la Cour des comptes européenne ;
- la Banque européenne d’investissement ;
- le Secrétariat général du Parlement européen ;
- plusieurs directions de la Commission et Eurostat.
C’est l’héritage direct de 1951 : le pays qui a accueilli la Haute Autorité de la CECA n’a jamais cessé d’héberger des institutions européennes.
Les institutions de l’Union en bref
Le programme demande de connaître les grandes lignes du fonctionnement :
| Institution | Rôle |
|---|---|
| Commission européenne | Propose les textes, veille à l’application des traités |
| Parlement européen | Élu au suffrage universel, colégislateur, contrôle |
| Conseil de l’Union européenne | Réunit les ministres des États membres, colégislateur |
| Conseil européen | Réunit les chefs d’État ou de gouvernement, fixe les orientations |
| Cour de justice de l’UE | Interprète et applique le droit de l’Union |
Trois « conseils » à ne pas confondre : le Conseil de l’Union européenne (ministres), le Conseil européen (chefs d’État ou de gouvernement) et le Conseil de l’Europe (organisation distincte de l’UE, droits de l’homme, Strasbourg). C’est le piège de vocabulaire le plus vicieux du programme.
L’UE et le Conseil de l’Europe : la distinction décisive
| Union européenne | Conseil de l’Europe | |
|---|---|---|
| Objet | Intégration économique et politique | Droits de l’homme, démocratie, État de droit |
| Texte des droits | Charte des droits fondamentaux | Convention européenne des droits de l’homme |
| Juridiction | Cour de justice de l’UE, à Luxembourg | Cour européenne des droits de l’homme, à Strasbourg |
| Monnaie, marché commun | Oui | Non |
Cette distinction revient dans les questions de la matière « droits fondamentaux » comme dans celles de la matière « histoire ». La maîtriser rapporte des points dans les deux blocs.
Voir : Qui protège les droits fondamentaux.
Fiche de révision
| Année | Événement |
|---|---|
| 1949 | OTAN et Conseil de l’Europe |
| 1951 | Traité de Paris : CECA, Haute Autorité à Luxembourg |
| 1957 | Traités de Rome : CEE et Euratom |
| 1985 | Accords de Schengen, signés au Luxembourg |
| 1992 | Traité de Maastricht : Union européenne, citoyenneté européenne |
| 1997 | Traité d’Amsterdam |
| 2002 | Pièces et billets en euro |
| 2007 | Traité de Lisbonne |
Testez ces dates sur le simulateur gratuit, puis reprenez la chronologie complète.